4 livres à lire avant de partir dans le Yorkshire


Europe, mon amour, Royaume-Uni / lundi, mai 28th, 2018

La littérature anglaise regorge de trésors. Sans réfléchir, on peut facilement citer une dizaine d’auteurs britanniques au registre très varié. De Shakespeare à Dickens en passant par Orwell. Pour mon voyage dans le Yorkshire, j’ai décidé de lire ou de relire plusieurs romans anglais afin d’adopter une nouvelle perspective.

Orgueil et préjugés : l’incontournable de la littérature anglaise

On me rétorquera sans doute que le roman de Jane Austen se déroule dans l’Hertfordshire, non loin de Londres. C’est vrai, mais les descriptions de la campagne anglaise font tellement écho à ce que j’ai vu dans le Yorkshire que je ne pouvais pas ne pas le mettre.

Elizabeth continued her walk alone, crossing field after field at a quick pace, jumping over stiles and springing over puddles with impatient activity […].

Mouton dans un bocage anglais
Mouton dans un bocage anglais

On retrouve ici le caractère champêtre des paysages anglais. J’ai pour ma part aperçu nombre de mignons bocages. À l’instar d’Elizabeth, j’ai pu en traverser certains en empruntant un Public Footpath et marcher au milieu des moutons. En outre, les flaques d’eau sont une référence à la météo britannique, pas toujours clémente.

Les Hauts de Hurlevent : le plus local

Les Hauts de Hurlevent désignent une des habitations où se déroule l’histoire. La description qui en est faite indique une maison robuste à l’ambiance gothique :

This is certainly a beautiful country! In all England, I do not believe that I could have fixed on a situation so completely removed from the stir of society. A perfect misanthropist’s heaven […].

Wuthering Heights is the name of Mr. Heathcliff’s dwelling, « wuthering » being a significant provincial adjective, descriptive of the atmospheric tumult to which its station is exposed in stormy weather. Pure, bracing ventilation they must have up there at all times, indeed. One may guess the power of the north wind blowing over the edge by the excessive slant of a few stunted firs at the end of the house, and by a range of gaunt thorns all stretching their limbs one way, as if craving alms of the sun. Happily, the architect had foresight to build it strong: the narrow windows are deeply set in the wall, and the corners defended with large jutting stones.

Il s’agit d’une histoire d’amour et de vengeance mettant en scène plusieurs personnages, dont le tristement célèbre Heathcliff. Ce qui distingue ce roman est le caractère de ses protagonistes qui démontre souvent une certaine cruauté.

La lande du Yorkshire
La lande du Yorkshire avec ses collines et ses hautes herbes : le cadre parfait pour les Hauts de Hurlevent.
La lande du Yorkshire avec ses collines et ses hautes herbes : le cadre parfait pour les Hauts de Hurlevent.

Pour ce chef-d’œuvre de la littérature anglaise, Emily Brontë s’est inspirée de sa région et de son village. Au cours de mon voyage, j’ai eu l’occasion de le visiter, ainsi que les landes alentour. Haworth n’est certes pas aussi reculé que l’on peut croire en lisant les lignes ci-dessus. Il se trouve à 15 kilomètres de Bradford et à seulement une trentaine de kilomètres de Leeds. Cependant, on est bel et bien à la campagne comme ne manqueront pas de vous le rappeler les nombreux moutons.

Je m’y suis rendu un jour de grand soleil, donc l’atmosphère gothique de l’endroit n’était sans doute pas très perceptible. Ciel bleu, champs verdoyants, petits agneaux, routes sinueuses… Le cadre est plein de charme. Avec un peu d’imagination, on peut toutefois ressentir l’ambiance que créerait un ciel maussade sur les bâtisses aux pierres grises, les hautes herbes battues par le vent.

Jane Eyre : le reflet de son auteur

Le cimetière de Haworth
Le vieux cimetière de Haworth

Comme sa sœur, Charlotte Brontë a surtout vécu à Haworth. Ce mignon village abrite notamment un presbytère où ont habité les trois célèbres sœurs ainsi que l’école dans laquelle Charlotte a enseigné et s’est même mariée.

Le personnage de Jane Eyre présente de plusieurs similitudes avec Charlotte Brontë. Enfant, l’écrivaine a été envoyée avec certaines de ses sœurs dans un pensionnat pour jeunes filles dont les conditions sanitaires étaient déplorables. Deux de ses quatre sœurs y ont trouvé la mort. Elle leur rend hommage à travers le personnage de Helen Burns, l’amie de Jane Eyre au pensionnat de Lowood. À l’instar de son héroïne, Charlotte devint par la suite gouvernante chez des particuliers avant de se marier.

C’est moins les paysages que les rues et les bâtiments de Haworth que j’ai retrouvé dans le livre. J’ai ainsi remonté la rue principale pavée. Puis je me suis dirigée vers l’église, le cimetière et le presbytère ainsi que la vieille salle de classe. Ce sont ces lieux que Charlotte Brontë a vraiment marqués de son empreinte.

Harry Potter à l’école des sorciers : le plus moderne

J’aurais certes pu mentionner le Seigneur des anneaux de Tolkien. Il est vrai qu’en y réfléchissant, je peux imaginer les Hobbits vivant dans la campagne anglaise. Mais le septième art est passé par là et la saga est à tout jamais associée à la Nouvelle-Zélande. Si j’y vais un jour, je ne manquerai pas de les prendre avec moi.

Les deux tours de la cathédrale, présence rassurante au bout de la rue

Alors pourquoi Harry Potter, qui se passe principalement dans un château fort écossais ? Si la saga phare de la littérature anglaise se déroule à la fin du XXe siècle, le monde des sorciers a un côté très médiéval. Par exemple, on écrit sur des parchemins avec des plumes, les appareils électroniques ne fonctionnent pas, etc. Or, le Yorkshire est également imprégné par son héritage féodal.

Le Chemin de Traverse

Une rue pavée serpentait devant eux à perte de vue. […] Harry regardait de tous côtés, en essayant de tout voir à la fois : les magasins, les étals, les gens qui faisaient leurs courses. On vendait de tout dans les boutiques, des balais, des robes de sorcier, des télescopes, des foies de chauve-souris et des yeux d’anguilles conservés dans des barils, des piles de grimoires, des plumes d’oie, des parchemins, des potions, des globes lunaires.

 

Le Chemin de Traverse présente à la fois une ambiance effervescente propre à toutes les rues commerçantes et un endroit singulier regorgeant de curiosités et d’objets étranges. Les rues médiévales comme on peut en apercevoir dans le Yorkshire correspondent donc dans mon esprit à ce que le Chemin de Traverse devrait être : fréquenté, désuet, étonnant et surtout… magique !

Et voilà ! La littérature anglaise est si riche que cette liste ne peut ni ne se veut exhaustive. D’autres livres, d’autres sagas peuvent bien entendu donner un autre éclairage aux visites que l’on peut faire dans le Yorkshire. À vous de me dire quels livres vous avez lus ou projetez de lire avant de visiter l’Angleterre !

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